Visiotime 2-6 / Catherine Geoffray
Par Catherine Geoffray, dimanche 16 avril 2006 à 08:58 :: Visiotime / forum :: #17 :: rss
Tisser un écran pour le traverser...
- Je travaille d’après des photos que je prends avec un appareil numérique et qui transitent par mon ordinateur pour sortir enfin sur papier, de mon imprimante.
- Ces photos sont donc extraites de ma vie quotidienne, parfois intimes mais pas nécessairement. Ce sont des photos prises chez moi : chambres, lits, jouets, objets, vêtements ou bien des photos d’écrans de télévision…
- Je prends mes photos moi-même : c’est comme un lien autobiographique implicite ( les photos ne le sont pas toujours…), une manière de maintenir coûte que coûte une cohérence, une continuité quand les sujets varient, et la peinture aussi…C’est mon fil d’Ariane !
- Le passage par le numérique : une étape qui ‘contemporanise’ mes photos/ une étape vers une réalité recomposée, qui rompt avec la continuité analogique de la réalité / la pixellisation comme première décomposition avant l’ élaboration touche par touche de la peinture .
-Le travail de l’image sur l’ordinateur : j’enlève du bruit comme un excès de matière, une manière de déréaliser l’image / l’image prend sur l’ordinateur une qualité ‘vidéo’, qui est déjà très picturale pour moi beaucoup plus que la photo / l’éblouissement à l’écran des couleurs acidulées.
- Le tirage sur papier de qualité grâce à mon imprimante devient ‘mon image de départ’ : celle-ci fonctionne ou non comme déclencheur d’implication dans le sens où elle me donne envie de peindre ou non. Elle me parle ou non .
-Travailler d’après ces images me délivre du sujet, des effets de style. Cela me permet d’être dans la peinture / Développer une sorte d’écriture peinte dont l’image de départ serait le scénario.
- Peindre pour reconstruire une autre réalité, pour réinjecter un supplément de vie par rapport à l’image de départ pixellisée / Réinventer une continuité : celle de la peinture / Créer les conditions de mon immersion dans la peinture / Tisser un écran pour le traverser / Flotter dans un entre-deux, entre familiarité et étrangeté, entre dedans et dehors.
- Pierre Huyghe dit : « en partant d’images contemporaines, n’est-ce pas un désir de communion avec l’autre ? »
- Des images contemporaines comme mémoire collective : j’ai lu dans Art-Press, Damien Sausset qui a écrit : « L’art se doit de nouer un lien entre expérience personnelle et histoire collective ». Qu’en pensent nos éminences grises ?….
Commentaires
1. Le vendredi 28 avril 2006 à 17:18, par joelle bartelmann
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